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par Vieux Fritz » mar. 17 févr. 2026 06:32
Un grand merci à Hervé et Lucas de nous avoir concocter un tournoi qui sort du format habituel et à l’association Coignet pour son soutien logistique et son Président que l’on n’aurait pas aimé rencontrer derrière un portail en 1815…et merci aux cantinières qui ont partagé l’esprit du bivouac à quelques hectomètres de cette belle salle du tribunal de l’hôtel de ville.
Le préambule nous a permis d’honorer la mémoire de Jean-Marc, l’un de nos compagnons de jeu qui nous attends maintenant de l’autre côté du miroir.
Tout d’abord, pour ce qui me concerne, j’ai apprécié le « tempo de la bataille » avec toutes les étapes à franchir pour arriver au dénouement. Un format de jeu à refaire et à enrichir.
1814 et ses 6 jours de gloire sont certainement les composantes essentielles pour fabriquer le creuset dans lequel Napoléon fondra sa légende. C’est cette période de son histoire militaire qui m’a toujours fait « frissonner » tant elle porte d’espoir, de misères et de chimères.
Ne pas rater le coche en choisissant le stratège pour piloter la liste que j’ai choisi de jouer (d’autant plus que Colin m’a fait une superbe scénette d’après le tableau de Meissonnier) était primordiale.
Bon, et après ? Entre la contrainte d’avoir une division de la vieille garde (condition sine qua non pour pourvoir choisir Napoléon à la tête de son armée) et le fait d’avoir 2 de reconnaissance pour pouvoir maximiser les chances d’avoir l’initiative avec 6, vous imaginez pour ceux qui ont constitué des listes françaises en 200 points en 1814 le tableau…
Le commandement ?
3 généraux mauvais, reflet de la lassitude dans laquelle les maréchaux étaient …
La cavalerie ?
4 cavalerie légères provisoires et un vétéran. Il ne fait pas bon rencontrer la cavalerie coalisée, surtout si elles portent des bottes fortes, des cuirasses ou des lances… Quant à manœuvrer on oubli !
L’infanterie de ligne ?
Hormis l’équipage du « Foudroyant » et une infanterie légère passé au travers de 1813, c’est l’indigence avec, en raclant les fonds de tiroirs des dépôts une ligne provisoire et deux pauvres conscrits médiocres de petite taille en sabots et sarrau avec un shako sur la tête et un « truc qui tire » quand ils ont apporté leur fusil de chasse, s'ils en ont un… Sinon c'est comme en 93, l'arme du vrai Français c'est la pique !
L’artillerie ?
Rien à dire avec une batterie de 6 à pied, une à cheval, que du classique.
La garde ?
Bon, après avoir contemplé le revers, là c’est l’avers de la médaille ! Une batterie à pied de 6 de la vieille garde, les braves gendarmes d’Espagne qui feront le service en tirailleurs, les vélites de Turin et de Florence réunis pour faire le plastron et le soutien du bataillon des grenadiers à pied, espoir suprême, mais surtout indéboulonnable (seulement 2 pertes reçu au maximum et un rendement coût/investissement à faire pâlir un trader).
La ligne de conduite ?
6 d’initiative pour espérer choisir le côté dans la grande majorité des cas (soit défensif, soit empêchant le coalisé de se déployer correctement). Le reste de l’armée pour gagner du temps et au mieux tenir pendant que la division à pied de la vieille garde frappe et pulvérise tout ce qui peut lui barrer la route jusqu’à la ligne de communication adverse ! L'Empereur pour compenser le peut de motivation de ses généraux a aller au combat.
Et maintenant, lever de rideau !
La première partie est en deux tableaux : reconnaissance par la cavalerie détachée pour cette mission de tous les points potentiels d'objectifs de la table, puis affrontement des avant-gardes.
Dominique et ses Russes vont donc être l'occasion d'ouvrir le bal !
Je remporte l'initiative et je choisi le côté fermé de la table en laissant à mon adversaire le plaisir de traverser l'un des affluent de la Seine. Dominique aligne une cavalerie bien supérieure en qualité à la mienne et le déploiement derrière le paravent fait que nous sommes à l'opposé l'un de l'autre.
Et nous allons assister à un grand balai dans le sens inverses des aiguilles d'une montre.,, C'est à celui qui rattrapera la queue de colonne de l'autre, ce qui donne l'occasion à ma cavalerie provisoire de parfaire son équitation. Point de combats et une stricte égalité au final de 6 objectifs reconnus sur 7 possibles de part et d'autre.
Nos avant-gardes vont donc pouvoir s'affronter et, au vu de l'égalité, nous nous en remettons au sort pour savoir qui choisira le côté de la marche de flanc. Dans le scenario, plus d'avantage du commandement à ce stade de la partie et la chance me sourit !
Je choisi donc d'envoyer sa cavalerie sur mon flanc gauche qu sera condamné à passer entre un bois, une église et un champ pour bien la canaliser et faciliter la défense en la gênant considérablement dans sa faculté d'enveloppement de mon armée.
En attendant le retour de nos cavalerie respectives, c'est nos avant-gardes qui vont ferrailler. Le Russe et son artillerie ne peuvent que traverser par un pont et Dominique choisi celui qui est le plus proche de sa cavalerie pour lui tendre la main et éviter la mienne qui lui tombera dans le flanc d'un moment à l'autre. Ayant deviné sa manœuvre, je fonce bille en tête avec un régiment de cavalerie provisoire qui est attaché à mon avant-garde ( doctrine tactique spécifique au Français) pour fixer la tête de colonne et le forcer à se déployer pendant que les marins soutenu par un conscrit et la batterie à pied de 6 marche au pas redoublé sur la route pour attraper sa colonne de marche avant qu'elle ne se déploie.
Sur sa gauche, les chasseurs russes vont s'emparer d'un champ clos et seront condamnés à y rester, car ma cavalerie de reconnaissance revient au grand galop pour l'empêcher de sortir de son abris et s'emparer du village qui doit certainement être l'un de ces objectifs.
L'équipage du « Foudroyant » culbute les mousquetaires en tête de colonne et tombent sur la batterie qui venait de se déployer pour chasser mes hussards. Les marins s'emparent des canons, privant Dominique d'artillerie.
Ma batterie fait demi tour et va soutenir mon bataillon d'infanterie provisoire qui tenait en carré une colline et une compagnie d'infanterie légère qui occupait l'église de part et d'autre du bois et du champ face aux cosaques, uhlans et cuirassiers qui débaroulent dans mon flanc. Pendant que deux régiment de chasseurs à cheval provisoires continuent de fixer les chasseurs russes, le hussard Jérôme Napoléon et le dernier chasseur accourent à brides abattues pour se retrouver à trois armes contre une et cantonner la cavalerie Russes en bord de table.
C'est la fin des 6 tours de jeu et le ratio des pertes et des objectifs tenus est largement en ma faveur. Le Russe se replie et il va falloir abandonner la poursuite des Russes pour se précipiter là où l'ennemi se montre.
Heureusement les des maréchaux engagés sur le front nous apprennent que notre camp a remporté cette première manche avec 3 victoires, un nul et deux défaites, prenant ainsi un petit avantage pour permettre aux Français de pouvoir donner l'assaut à la fin de la campagne ( et du dernier scenario concocté par les organisateurs).
La suite, à demain, si vous le voulez bien !
"Quand mes soldats commenceront à réfléchir, aucun d'eux ne voudra rester dans les rangs."
Friedrich der Große